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dimanche 27 juillet 2014
La merveilleuse histoire du sotolon.
Sotolon, qu'est que cet animal étrange ?
Ce n'est pas un animal mais un composé, une lactone, c'est-à-dire un composé dont les molécules comprennent des atomes groupés en cycle pentagonal, avec quatre atomes de carbone et un atome d'oxygène ; sur ce cycle, s'attachent des groupes moléculaires variés.
Le sotolon a une odeur puissante, qui dépend de sa concentration. Selon les cas, on sent (dans le désordre) la noix, la levure, le curry, le vin jaune, le porto, la brioche, le champagne, le fenugrec... De fait, il est présent dans ttous ces produits, notamment, et il fut découvert il y a quelque années qu'il est également présent dans le vin jaune : ce composé semble produit par l'autolyse des levures, la dégradation de ces dernières qui survient quand elles meurent. Pas étonnant, alors, qu'on la trouve dans le pain, la brioche, le champagne, etc., puisque des levures meurent dans tous ces aliments et boissons.
Cette observation est une clé pour le praticien : plus il mettra en œuvre de levures qui mourront, plus il favorisera la production de ce goût merveilleux qui est celui du sotolon.
Une brioche ? Faisons la fermenter, puis, quand la fermentation s'arrête, rabattons la pâte, c'est-à-dire travaillons la afin que les levures restantes se retrouvent au contact de nutriments frais, et que le gonflement se produise une deuxième fois. J'ai dit deuxième et non seconde, parce que l'on aura compris qu'il n'est pas inutile de battre à nouveau afin de favoriser une troisième fermentation, une quatrième, etc.
Et c'est ainsi que les pâtes fermentées prendront un goût merveilleux, pas réductible au sotolon, mais où celui-ci jouera une partie essentielle.
Vient de paraître aux Editions de la Nuée Bleue : Le terroir à toutes les sauces (un traité de la jovialité sous forme de roman, agrémenté de recettes de cuisine et de réflexions sur ce bonheur que nous construit la cuisine)
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jeudi 23 mai 2013
Vendredi : des questions... à propos du séminaire qui s'est tenu hier
Hier, lors du séminaire de gastronomie moléculaire, nous avons donc étudié l'importance du moule dans lequel on cuit le kougelhopf.
Nous avons comparé d'une part des petites préparations en disque, posées respectivement sur du verre, du silicone, du métal (aluminium), avec différentes masses, afin de voir l'importance du "cercle" périphérique, qui tenait les masses de pâte. D'autre part, nous avons comparé deux moules de mêmes taille et formes, mais soit en terre, soit en métal (fer).
Tous les kougelhopfs, modèles ou réels, ont été cuits ensemble, dans le même four... mais nous avons vu que, même avec de la convection forcée, les positions dans le four ne sont pas exposées au même chauffage. Ce qui n'a pas, vu les dispositions prises, entamé la qualité des résultats.
Ces derniers sont clairs : d'une part, les dégustateurs (tests triangulaires!) ont perçu la différence entre la cuisson sur silicone et sur verre. D'autre part, ils n'ont pas vu la différence entre silicone et métal... alors que l'apparence visuelle était très différente, la cuisson sur métal ayant produit des kougelhopfs à la croute plus noircie.
D'autre part, en moule, les dégustateurs ont nettement vu la différence entre le moule en terre et le moule en métal... et le moule en terre a été bien plus apprécié.
Enfin, nous avons comparé des recettes, et bien vu que certaines tirent vers le beurre, d'autre vers le sucre, d'autres vers l'oeuf. Laquelle est la meilleure ? Celle que vous préférez, bien sûr.
Reste la question de l'importance de la taille des moules : voulez vous profiter du week end pour faire l'expérience ? Je propose une recette :
Nous avons comparé d'une part des petites préparations en disque, posées respectivement sur du verre, du silicone, du métal (aluminium), avec différentes masses, afin de voir l'importance du "cercle" périphérique, qui tenait les masses de pâte. D'autre part, nous avons comparé deux moules de mêmes taille et formes, mais soit en terre, soit en métal (fer).
Tous les kougelhopfs, modèles ou réels, ont été cuits ensemble, dans le même four... mais nous avons vu que, même avec de la convection forcée, les positions dans le four ne sont pas exposées au même chauffage. Ce qui n'a pas, vu les dispositions prises, entamé la qualité des résultats.
Ces derniers sont clairs : d'une part, les dégustateurs (tests triangulaires!) ont perçu la différence entre la cuisson sur silicone et sur verre. D'autre part, ils n'ont pas vu la différence entre silicone et métal... alors que l'apparence visuelle était très différente, la cuisson sur métal ayant produit des kougelhopfs à la croute plus noircie.
D'autre part, en moule, les dégustateurs ont nettement vu la différence entre le moule en terre et le moule en métal... et le moule en terre a été bien plus apprécié.
Enfin, nous avons comparé des recettes, et bien vu que certaines tirent vers le beurre, d'autre vers le sucre, d'autres vers l'oeuf. Laquelle est la meilleure ? Celle que vous préférez, bien sûr.
Reste la question de l'importance de la taille des moules : voulez vous profiter du week end pour faire l'expérience ? Je propose une recette :
250
g de farine, 50 g de sucre en poudre, 100 g de beurre, une bonne
pincée de sel, 1 oeuf entier et un sachet de levure de boulanger
lyophilisée.
Chauffer 1/8 de L de lait (tiède, pas bouillant) et le verser sur
le beurre qui émerge de la terrine.
Battre, faire lever. Rabattre, faire lever. Rabattre, faire lever.
Cuisson à 180 ° C pendant 50 minutes
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dimanche 19 mai 2013
Nous sommes ce que nous faisons. A venir cette semaine
Cette
semaine, nous aurons mille travaux variés, mais le plus « public »
sera le séminaire de gastronomie moléculaire, où nous explorerons
l'importance du matériau qui fait les moules à kougelhopfs.
Question trop particulière ? Non, car elle se pose de la même
façon pour d'autres produits, tels la brioche, ou même le cake.
A
vrai dire, l'analyse est facile : le matériau peut déterminer
le résultat soit par son état de surface, qui détermine l'état
de surface de l'aliment, soit par sa conductivité thermique,
c'est-à-dire la façon de transmettre la chaleur, soit par sa
capacité calorifique, en cela qu'il peut s'échauffer plus ou moins
vite (cela a quelque rapport avec l'épaisseur.
Par
exemple, un moule épais, médiocre conducteur, ne laissera la
chaleur passer que lentement, de sorte que le produit pourra être
chauffé modérément, avant d'atteindre une température à la
quelle il cuira. Inversement, dans un moule métallique, la chaleur
se transmettra rapidement, ce qui pourra permettre une évaporation
de l'eau au contact du moule (la température du four étant
généralement supérieure à 100 degrés, pour la cuisson des
gâteaux).
La
forme, aussi, est importante, comme nous l'avons déjà vu avec les
madeleines.
Bref,
cette séance risque d'être éclairante. Rendez vous jeudi 23, au 28
bis rue de l'abbé Grégoire, 75006 Paris, à 16 heures. Entrée
libre.
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mercredi 24 avril 2013
Le matériau des moules à kougelhopfs
Mardi 23 avril 2013 :
La Connaissance par la lorgnette de
la gourmandise : le matériau des moules à kougelhopfs est-il
important ?
Oui, bien sûr, on sait que les moules
à tarte sont essentiels, et que des résultats différents
s'obtiennent avec des moules différents. Il y a là une question
simple, qui tourne autour de l'expression compliquée « transfert
de chaleur ». Et chacun sait que le métal conduit mieux la
chaleur que la porcelaine ou les matières plastiques. Que cela
signifie-t-il ? Physico-chimiste, je n'oublie pas que je ne dois
pas me cacher derrière des mots savants, mais au contraire partager
avec mes amis l'émerveillement de la connaissance. Et l'Expérience
est essentielle, dans ce partage !
L'expérience ? Si je mets une
cuillère en métal dans l'eau bouillante, la cuillère chauffe
rapidement, et je finis par me brûler ; tandis que si j'utilise
une cuiller en bois, le manche reste quasiment sans chauffer. Par
parenthèse, c'est d'ailleurs pour cette même raison que les frites
ne doivent pas être faites dans de l'huile trop chaude : comme
la pomme de terre est thermiquement assez peu conductrice, la surface
des frites brûle avant que l'intérieur soit cuit.
Pour en revenir à nos tartes, avant de
revenir aux kougelhops, il y a donc le fait que le moule en métal,
surtout s'il est posé sur le fond du four (la « sole »),
et surtout si le four chauffe par le fond plutôt que par convection,
va cuire la pâte, la faire croustiller, au lieu qu'elle se détrempe
avec la garniture qui est portée par dessus. Avec un moule en
porcelaine, la cuisson de la pâte sera plus homogène.
Est-ce à dire que les moules
métalliques sont préférables aux moules en porcelaine, en matière
siliconée ou en verre ? Non : à chaque outil son
utilisation.
Pour en revenir aux kougelhops, il est
certain que le matériau aura une influence, et que les moules
métalliques conduiront mieux la chaleur : cela devrait conduire
à l'évaporation de l'eau de la préparation, et, peut-être, à un
gonflement supérieur des kougelhopfs... comme cela se produit pour
les soufflés. Mais verrons-nous d'autres effets ? C'est ce qui
sera testé le 23 mai, à 16 heures, à l'Ecole supérieure de
cuisine française, lors du Séminaire de gastronomie moléculaire.
Voulez vous nous rejoindre ? La
participation est libre et gratuite... Parce que c'est la mission de
l'Etat (et donc de l'INRA) que d'accompagner les développements
citoyens et professionnels.
Et, si vous ne pouvez pas vous libérer,
vous trouverez le compte rendu du séminaire à
http://www.inra.fr/xxxxx.
Vive la gourmandise éclairée !
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