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dimanche 20 novembre 2016
Pourquoi il faut préparer les sorbets au dernier moment, et les confectionner à température aussi basse que possible ?
Quand on met un jus de fruit dans le bac à glaçons d'un réfrigérateur, sa température est lentement réduite à moins de 0 degrés Celsius, et de gros cristaux de glace se forment. On obtient un granité. Pour avoir une consistance plus souple, plus soyeuse, il faut refroidir le plus rapidement possible. C'est pourquoi j'ai proposé il y à très longtemps que l'on utilise de l'azote liquide, dont la température est de – 196 degrés. Cette fois, les cristaux de glace sont très petits, pour des raisons qui s'apparentent à celles que j'ai esquissées dans un billet relatif à la cristallisation du sel, quand on fait bouillir de l'eau salée.
Cela étant, obtenir des cristaux très petits n'est pas suffisant, car il existe un phénomène nommé « maturation d'Ostwald », qui conduit hélas à la disparition des petits cristaux et à la formation de gros cristaux. En effet, dans un sorbet, quand de petits cristaux et de gros cristaux coexistent, les molécules d'eau qui sont agrégées en cristaux ne cessent de s'échanger avec le liquide environnant, et elles vont plutôt se placer sur les gros cristaux, de sorte que ces derniers grossissent, de sorte que les petits cristaux disparaissent.
Comment l'éviter ? Une solution consiste à maintenir le sorbet bien au dessous de 0 degrés, mais ce n'est pas suffisant. Une autre solution consiste à ajouter dans le liquide des molécules qui augmenteront la viscosité de l'eau restée liquide, et c'est pour cette raison que l'industrie alimentaire recourt à des « polysaccharides », c'est-à-dire des cousins moléculaires des composés que l'on trouve dans la farine.
On le voit : l'industrie alimentaire doit être particulièrement ingénieuse pour satisfaire des citoyens exigeants, qui veulent trouver à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit des sorbets parfait, en bas de chez eux. On ne peut faire autrement que d'amender les formules sous peine d'obtenir des consistances amoindries par cette maturation d'Ostwald. Je ne dis pas que le citoyen a toujours tort et l'industrie raison ; je dis seulement que nous, consommateurs, devons savoir ce que nous demandons et quelles sont les conséquences de nos demandes.
En outre, je rappelle que personne n'est obligé d’acheter les sorbets de l'industrie alimentaire, car nous pouvons facilement produire nous-mêmes sorbets et glaces. Mais à nous alors de faire l'effort d'obtenir des préparations qui soient à la hauteur… et il n'est pas certain que nous y parvenions, car les ingénieurs de l'industrie alimentaire ont des connaissances que beaucoup d'entre nous n'ont pas. Au fond, ce billet me conduit à la morale suivante : cessons de critiquer sans cesse l’industrie alimentaire, car, en réalité, personne ne nous oblige à acheter ses produits. A nos casseroles !
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lundi 31 octobre 2016
Comment retarder la fonte d'un sorbet, d'une glace ?
La fonte dépend de la conduction thermique et de la capacité calorifique. Mais sans changer la formule, vous ne pourrez toucher ni à l'un ni à l'autre.
En revanche, une structure foisonnée en enrobage permet de faire un isolant, comme du double vitrage à la puissance mille. Par exemple, si vous mettez un thermomètre sous un tas de blanc d'oeuf battu en neige et que vous chauffez la surface de celui-ci avec un chalumeau à 1000°C, vous observerez que la température n'augmente quasiment pas à coeur de la mousse.
La fonte dépend de la conduction thermique et de la capacité calorifique. Mais sans changer la formule, vous ne pourrez toucher ni à l'un ni à l'autre.
En revanche, une structure foisonnée en enrobage permet de faire un isolant, comme du double vitrage à la puissance mille. Par exemple, si vous mettez un thermomètre sous un tas de blanc d'oeuf battu en neige et que vous chauffez la surface de celui-ci avec un chalumeau à 1000°C, vous observerez que la température n'augmente quasiment pas à coeur de la mousse.
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mercredi 6 mai 2015
Sorbet d'acide citrique
On vient de me demander des conseils pour faire des sorbets à l'azote liquide, et voici une recette "note à note :
Note : un jeune Allemand a eu les mains détruites parce qu'il avait stocké de l'azote liquide dans une bouteille Thermos hermétiquement bouchée : cela en a fait une bombe, l'azote liquide s'évaporant, et produisant un gaz dont la pression a considérablement augmenté.
Note : une Anglaise a été opérée d'un grand morceau d'estomac, il y a quelque temps, parce que, dans un bar de Londres, elle avait bu un cocktail où l'on faisait de la fumée à l'aide d'azote liquide ; quand elle a bu, il subsistait des bulles et de l'azote liquide dans le verre.
Enfin, lors des préparations de sorbets à l'azote liquide, on prendra garde que le mélange de l'azote liquide avec le mix conduit à de petites projections d'azote liquide, de sorte qu'il faut faire attention que le public ne soit pas trop près.
Note : en cas d'accident, c'est celui ou celle qui manipule qui est responsable !
Vient de paraître aux Editions de la Nuée Bleue : Le terroir à toutes les sauces (un traité de la jovialité sous forme de roman, agrémenté de recettes de cuisine et de réflexions sur ce bonheur que nous construit la cuisine)
Production de
sorbet note à note en public
Ce protocole décrit
la préparation de sorbets note à note en public. Cette préparation
est spectaculaire, mais comporte des dangers, de sorte qu'il faut
réduire les risques.
On donne en fin de documents les conseils à cette fin.
On donne en fin de documents les conseils à cette fin.
Ingrédients et
matériels pour 50 personnes
50 petites coupes en
plastique
50 petites cuiller
en plastique
1 grande casserole
1 grande cuiller en
bois, ou un grand fouet de cuisine
30 fois 50 grammes
d'eau potable (1500 g, soit 1,5 L)
100 g de glucose
150 g de sucre de
table
10 grammes d'acide
citrique de qualité alimentaire
1 pincée de sel
(chlorure de sodium)
3 litres d'azote
liquide (livré le moins longtemps possible à l'avance, conservé
dans un lieu tranquille, aéré, sans que le récipient ne soit fermé
hermétiquement)
1. Préparation
du mix
Dans la casserole,
sur le moment, mélanger tous les ingrédients. S'assurer que tous
les solides sont dissous.
Puis goûter, pour
rectifier l'acidité et le sucré.
2. Réalisation
des sorbets
1. mettre gants et
lunettes
2. faire reculer le
public, afin de laisser environ 2 m entre la casserole et le premier
rang du public
3. dans la casserole
qui contient le mix, verser environ 1/2 L d'azote liquide, et
mélanger doucement à l'aide de la cuiller en bois, si possible en
faisant un mouvement lent qui fasse passer le mix au dessus de
l'azote liquide
4. puis verser à
nouveau 1/2 L d'azote liquide, mélanger doucement, et ainsi de suite
jusqu'à l'obtention d'un sorbet pas trop dur ;
5. travailler le
sorbet afin qu'il soit bien homogène, et surtout s'assurer qu'il
n'y ait plus de bulles dedans, ce qui signifierait la présence
d'azote resté liquide, à proscrire absolument, car sa température
de -196 °C congèlerait immédiatement la bouche, ou, pire,
l'estomac !
6. servir dans les
coupes
Rappel des
consignes de sécurité
L'azote liquide est
de l'azote (de l'air) refroidi à la température de -196°C, de
sorte qu'il bout à la température ambiante. Comme il bout, il forme
de l'azote gazeux, lequel occupe bien plus d'espace sous la forme
gazeuse que sous la forme liquide. Cela explique qu'il faille
absolument laisser les récipients de stockage ouverts (on pose une
sorbe de couvercle qui ne bouche pas hermétiquement), lors de
l'entreposage.
Note : un jeune Allemand a eu les mains détruites parce qu'il avait stocké de l'azote liquide dans une bouteille Thermos hermétiquement bouchée : cela en a fait une bombe, l'azote liquide s'évaporant, et produisant un gaz dont la pression a considérablement augmenté.
Cela a comme
conséquence qu'il faut aussi ouvrir les fenêtres des pièces où
l'azote liquide est stocké ou manipulé : s'il s'évapore en
trop grande quantité, il se peut qu'il n'y ait plus assez de
dioxygène pour respirer.
D'autre part, comme
l'azote liquide est très froid, et, en tout état de cause, bien
inférieur à 0°C, qui est la température de congélation de l'eau,
on comprend que toute eau mise au contact de l'azote liquide soit
immédiatement congelée. Cela explique qu'il faille absolument
éviter de mettre de l'azote liquide au contact du corps humain,
lequel est fait d'environ 50 % d'eau. Ne pas s'en mettre sur les
mains et éviter les projections dans les yeux ! De surcroît,
prendre garde que tout l'azote liquide soit évaporé du sorbet que
l'on consomme, sans quoi on va congeler l'estomac.
Note : une Anglaise a été opérée d'un grand morceau d'estomac, il y a quelque temps, parce que, dans un bar de Londres, elle avait bu un cocktail où l'on faisait de la fumée à l'aide d'azote liquide ; quand elle a bu, il subsistait des bulles et de l'azote liquide dans le verre.
Enfin, lors des préparations de sorbets à l'azote liquide, on prendra garde que le mélange de l'azote liquide avec le mix conduit à de petites projections d'azote liquide, de sorte qu'il faut faire attention que le public ne soit pas trop près.
Note : en cas d'accident, c'est celui ou celle qui manipule qui est responsable !
Vient de paraître aux Editions de la Nuée Bleue : Le terroir à toutes les sauces (un traité de la jovialité sous forme de roman, agrémenté de recettes de cuisine et de réflexions sur ce bonheur que nous construit la cuisine)
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