Chers Amis
Je vous ai annoncé des podcasts audio : voici celui de la semaine : http://www.agroparistech.fr/podcast/Ecumer-le-bouillon.html
bonne audition
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jeudi 11 septembre 2014
dimanche 13 juillet 2014
Lors de la confection d'un bouillon, est-il bon de mettre la viande dans l'eau froide ?
Les livres de cuisine
indiquent, depuis des siècles, que les bouillons de viande doivent
toujours démarrer à l'eau froide, et jamais à l'eau chaude, sans
quoi la viande, qui coagulerait en surface, ne laisserait par sortir
autant le jus que si elle est plongé dans l'eau froide. Que penser
cette prescription ?
La première expérience à
faire consiste à placer deux moitiés d'une même viande (pour simplifier, on fait des morceaux de même masse), l'une
dans l'eau froide, et dans l'autre dans l'eau bouillante, puis on
pèse à intervalles irréguliers.
Analysons : s'il était
vrai que la viande placée dans l'eau chaude laissait moins sortir
les jus que dans l'eau froide, cela signifierait que la viande de
chaude devrait avoir une masse supérieure à la viande dans l'eau
froide.
De fait, les mesures
montrent des différences entre les viandes froides et dans l'eau
chaude... mais les différences sont exactement l'inverse de celles
qu'on attendait ! Dans l'eau chaude, la masse de la viande à l'eau
froide est inférieure à la masse de la viande à l'eau chaude ;
puis, après environ une heure et demie, les deux morceaux de viande
ont la même masse au gramme près ! Ce qui compte, c'est la
température atteinte au cœur de la viande, et non pas la façon
dont on attteint cette température.
Certes, nous n'avons pas
considéré le goût, mais seulement la masse, et l'on pourrait
imaginer que les bouillons soient différents. Toutefois, dans nos
essais, nous n'avons pas vu différence de goût entre les deux
bouillons, ce qui est ... troublant.
Troublant : c'est le mot
important, car il est vrai que la viande dans l'eau bouillante
produit un bouillon bien plus trouble que dans l'eau froide. Or le
monde culinaire veut des bouillons clairs. C'est peut-être là
l'origine la précision culinaire.
Libellés :
bouillon,
eau,
gastronomie moléculaire,
séminaire de gastronomie moléculaire,
viande
samedi 11 mai 2013
Vendredi 10 mai 2013 : Des questions : l'écumage des bouillons
Le monde culinaire ne cesse d'écumer
les bouillons de viande. Que ce soit en France, au Japon, au Qatar,
en Australie, j'ai vu des cuisiniers professionnnels, dans les
cuisines des restaurants, munis d'une louche et écumant les
bouillons, pendant de très longs moments. Il y a de quoi s'étonner :
on place de la viande dans de l'eau, on chauffe et l'on voit
apparaître à la surface une légère écume. De quoi est elle
constituée ? Personnes ne le sait à ce jour. Evidemment on a
des hypothèses : on suppose que des protéines libérées par
la viande (par exemple les albumines sériques) et agitées par les
turbulences de l'eau viennent emprisonner des bulles d'air,
lesquelles font une écume. Mais cela reste à vérifier. Le travail
n'est pas difficile : il suffirait d'effectuer une analyse par
électrophorèse sur gel, comme les biologistes (et les
physico-chimistes, bien sûr, puisque la biologie moderne est en
réalité de la physico-chimie appliquée à cet objet particulier
qu'est le vivant) savent le faire depuis longtemps.
Toutefois la question que je pose ici
est plus pratique : est-il utile d'écumer ? Les cuisiniers
interrogés répondent que oui... puisqu'ils le font. Questionnés
sur l'intérêt de la pratique, ils répondent que les bouillons
sont ainsi plus clairs. Mais là encore, il y a lieu de
s'interroger : puisque l'on clarifie les bouillons en fin de
préparation, faut-il passer du temps, beaucoup de temps, à écumer
en cours de préparation ? Faut il passer de longs moments, des
dizaines de minutes, voire des heures, debout, armé d'une louche, à
retirer les « impuretés » à la surface de l'eau ?
Lors d'un séminaire de gastronomie
moléculaire, nous avons donc comparés deux bouillons identiques
(même eau, même casserole, même feu, même viande), qui ont été
écumés ou non. Dans nos expériences, les bouillons bouillaient, ce
qui, il faut l'avouer, n'est pas une pratique recommandée pour la
confection des bouillons : les chefs conseillent de ne porter
l'eau qu'au frémissement. Toutefois, avec l'ébullition, nous étions
certains que la température était identique dans les deux
casseroles : 100 degrés.
Pendant une heure et demie, nous avons
écumé très soigneusement l'un des deux deux bouillons, tandis que
nous laissions l'autre bouillon boullir tranquillement. Le résultat ?
Le bouillon écumé a été plus clair que le bouillon non écumé...
mais à peine. D'autre part, le goût des deux bouillons était tout
à fait semblable : un « test triangulaire » n'a
montré aucune différence.
De sorte que la question demeure :
faut-il écumer les bouillons ?
vendredi 16 décembre 2011
Nouveau : des podcasts audio !
N'hésitez pas à aller sur http://podcast.agroparistech.fr/users/gastronomiemoleculaire/weblog/ff0a1/Le_Bouillon.html
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