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dimanche 12 mai 2013

Dimanche 12 mai 2013: Les merveilleuses applications des sciences



La société IBM vient de diffuser un film d'animation, avec des images dont les pixels sont des images d'atomes individuels, déplacés un à un par un dispositif qu'ils ont mis au point. 

Des atomes déplacés un à un ! Évidemment, le système ne va pas aussi vite que le film ne le montre, mais la prouesse est réelle : c'est la conséquence de travaux effectués dans les dernières décennies, après que des scientifiques avaient mis au point un microscope capable de voir les atomes. De travaux qui semblaient alors ésotériques, très loin des applications possibles.

Prenons un peu de recul : ce genre de spectacle a toujours été mis en oeuvre par les scientifiques. Déjà Galilée montrait aux Princes de son temps les astres invisibles à l'oeil nu, grâce à la lunette qu'il avait construite. A la cour du roi de France, l'abbé Nollet propagea un choc électrique dans une rangée de gardes qui se tenaient par la main. Et ainsi de suite. 
Emerveillés par les phénomènes et également soucieux de faire partager leur enthousiasme, les gens des sciences quantitatives ont toujours eu à coeur de donner à leur entourage un avant-goût du monde merveilleux qu'ils entrevoyaient avant les autres.

Evidemment c'est aussi une façon de justifier leur activité en vue de récupérer des subsisdes pour se livrer à des travaux qui paraissent bien ésotérique. La relation entre la découverte scientifique et ses applications est omniprésente, et même les sciences quantitatives les plus pures résistent mal à la volonté de produire des applications. « Résistent mal » : s'agit-il vraiment de résister ? Ou simplement de partager un enthousiasme ? 

Allons, il n'est pas nécessaire de chercher inutilement à débrouiller l'écheveau des causes des actions humaines, car nous serions souvent bien en peine d'y parvenir. En revanche, il est tout à fait utile d'apprendre à s'émerveiller des résultats des sciences quantitatives, comme de leurs applications.


samedi 27 avril 2013

Vive la technologie et les applications des sciences.


Dimanche 28 avril 2013 :
Les merveilleuses applications des sciences : les sciences appliquées n'existent pas.
Cette fois, encore, puisque nous inaugurons une autre façon de blogger, avec un rendez vous quotidien et particularisé, il faut que je discute de façon générale, plutôt que de façon particulière : au lieu de montrer une application des sciences qui mérite l'enthousiasme, nous allons commencer par faire état du champ qui sera considéré le dimanche.
Ce champ, c'est celui de la technologie et des techniques. Technique : on fait ; technologie : on étudie la technique en vue de l'améliorer. Rien à voir avec les sciences quantitatives, donc. Ou, plutôt, si : le bon technologue est aussi celui qui sait aller chercher dans les résultats des sciences quantitatives des idées, des résultats, qui sait les comprendre, les sélectionner, et qui, surtout, sait les faire venir dans le champ technique pour produire des innovations. Le mouvement est donc clair, les compétences spécifiques, et mon ami Pierre-Gilles de Gennes disait justement que nous avons le devoir de former de très bons ingénieurs de recherche, et que cette activité d'innovation est essentielle, importante.
Pourtant notre pays (et d'autres) a fait l'erreur de clamer « vive la science » (au lieu, d'aileurs, de « vive les sciences quantitatives »), ce qui a eu pour conséquence que de nombreux étudiants ont voulu aller faire de la recherche scientifique, secteur où le nombre de postes est limité. Du coup, ces étudiants ont été « refusés », et, très logiquement, attristés. D'ailleurs, la mise en exergue des sciences quantitatives dans l'enseignement, avec l'utilisation de ces dernières comme outil de sélection, a également eu pour conséquence que tous ceux qui n'ont pas passé le crible des sciences voient ces dernières comme une règle avec laquelle on leur a tapé sur les doigts : comment aimer les sciences, dans ces conditions ?
Bref, je crois :
  • que nous devons apprendre à clamer « Vive la technologie, vive les techniques », comme le faisait le grand vulgarisateur Louis Figuier, qui fut à l'origine d'une pépinière de grands ingénieurs français
  • que nous devons enseigner la technologie et les techniques dès l'Ecole, en montrant les beautés de ces activités (dans le champ culinaire, il y a zéro chômage, de surcroît)
  • que nous devons cesser de confondre les sciences (quantitatives) et leurs résultats : que voulons-nous enseigner, de la méthode ? Des résultats ? Des compétences spécifiques de chercheur ? Pour quel but ?
  • Que, dans la mesure où la technique intervient dans le monde, nous ne pouvons pas éviter de considérer les questions morales, politiques, économiques, éthiques qui accompagnent la technologie et les techniques
Surtout, on évitera la faute qui consiste à parler de « science appliquée », car CELA N'EXISTE pas : il n'y a pas une catégorie de sciences à laquelle on puisse donner le nom de sciences appliquées, mais seulement des applications des sciences. Et, le dimanche, je m'émerveillerait de quelques applications des sciences !